Suivi
d’impacts biologiques et sédimentaires de l’extraction de granulats
marins au large de Dieppe
Nom
de la structure
C.R.I.T.T. ESTRAN (Espace Scientifique et Technique
des Ressources Aquatiques et de la Navigation)
Type de structure
Association
loi 1901
Nature des prestations
fournies :
Dans le
cadre de ce programme scientifique, le CRITT ESTRAN réalisera les prestations
suivantes :
- mise
à disposition de moyens : locaux sur le site de Dieppe + personnel +
centre de ressources,
-
gestion administrative et financière,
-
organisation des réunions de travail et de pilotage entre partenaires et
financeurs, rôle d’intermédiaire entre les acteurs économiques du secteur
marin et les scientifiques,
- en
tant que structure de valorisation de la recherche, animation et de
communication sur le projet,
-
organisation des réunions techniques afin de se conformer aux recommandations
du CIEM (Conseil International d’Exploration de la Mer) et de la DRIRE,
- suivi
de la réflexion pour la constitution d’un GIS relatif aux extractions de
granulats marins.
Le contexte scientifique, technologique et économique

En France, la
construction d’équipements collectifs, d’ouvrages d’art,
d’infrastructures routières, consomme en moyenne 350 millions de tonnes de
granulats provenant essentiellement de gisements terrestres.
La politique de
l’État, en ce qui concerne ces extractions, vise à réduire de 50% la
quantité des matériaux d’origine alluvionnaire terrestre d’ici 5 ans, en y
substituant des granulats extraits des fonds marins.
Les paléovallées
des baies de la Seine et de la Somme sont aujourd’hui des zones d’extraction
convoitées. S’y ajoutent les gisements du large (paléovallée de la Tamise
et du Rhin), sollicités par des exploitants français, britanniques, belges et
hollandais. Les besoins croissants en matériaux et surtout la régulation de
l’exploitation des ressources terrestres imposent d’envisager, ou tout au moins d’anticiper, le développement
potentiel de l’activité en mer d’un facteur 10 à l’échéance de 10 ans.
A ce jour, on
ne dispose que de peu de données halieutiques spécifiques aux conséquences des dragages en mer. Il est donc primordial
d’acquérir ce type d’information sur les quelques sites en activité afin
d’estimer l’impact potentiel de nouvelles concessions beaucoup plus
importantes qui entraîneraient inévitablement des perturbations au niveau du
benthos et des poissons qui s’en nourrissent.
Entre les
politiques de quotas de pêche, les rejets de dragages, les extractions et
diverses autres restrictions d’accès au milieu marin, les pêcheurs se
trouvent confrontés à des difficultés grandissantes d’exploitation qui
risquent d’entraîner des conflits potentiels d’usage.
Si l’on possède
aujourd’hui quelques connaissances benthiques (données biologiques et
morphosédimentaires)
sur l’impact à court terme des dragages, celles-ci restent rares ou peu
extrapolables entre sites, sur le plan de la recolonisation d’anciennes
souilles.
Sur le plan
halieutique, il faut souligner le caractère beaucoup plus mobile et saisonnier
des ressources qui a toujours rendu difficile leur évaluation par échantillonnage,
et ceci d’autant plus que l’échelle d’évaluation est réduite et
incompatible avec les très vastes aires de distribution potentielle des espèces.
Malgré ces
difficultés, les travaux envisagés doivent permettre d’acquérir, sur des
sites d’extraction, des données
sur :
-
la dimension spatiale de l’impact
(effet direct du dragage à l’intérieur du périmètre autorisé et
perturbation générée par le dépôt des sables de surverse à l’extérieur
de ce périmètre),
-
la dimension temporelle du processus de
restauration des fonds.
Les sites d’exploitation situés au large de Dieppe (GIE Graves de Mer et Gris Nez) permettent la mise en œuvre d’une telle recherche avec la présence :
-
de sites en cours d’extraction,
-
d’un ancien site exploité, au repos
depuis 1995,
-
de stations de référence situées hors
d’influence des sites actifs et dont l’évolution est suivie depuis de
nombreuses années par Michel DESPREZ.
C’est, de
plus, une zone bien connue des pêcheurs côtiers dans la limite des 3/5 milles,
facilement accessible en plongée et en pêche expérimentale.
Les travaux
s’appuieront sur les recommandations internationales du CIEM en ce qui
concerne les modalités d’échantillonnage, le choix et le suivi des paramètres
(cf : rapport n° 247 des recherches
collectives du CIEM sur l’effet de l’extraction de sédiments sur l’écosystème
marin, déc. 2001).
Ce projet est
complémentaire des études d’impact essentiellement orientées vers le
benthos commandées par la DRIRE de Haute-Normandie. Il sera aussi innovant en
abordant l’impact des extractions sous l’angle halieutique, ainsi que par la
mise en synergie de moyens universitaires, d’organismes de recherche,
d’industriels, d’acteurs de la filière pêche et d’administrations. Des résultats
convaincants s’avéreraient par ailleurs très utiles au programme Interreg
III évoqué supra ainsi qu’aux
futurs débats qui ne manqueront pas de s’engager prochainement à d’autres
échelles sur plusieurs vastes projets d’extraction en Manche - Est.

Le programme des
travaux
Parmi
tous les programmes envisageables en relation avec ces recommandations, les
sujets d’étude jugés prioritaires ont été proposés pour mieux connaître :
-
la réactivité des poissons pendant et
après extraction (recommandation CIEM n°15),
-
le degré de dépendance alimentaire des
poissons vis-à-vis de la macrofaune benthique potentiellement perturbée lors
des extractions (recommandation CIEM n°15) ; une seule étude de ce type a
été menée à ce jour sur plusieurs sites britanniques d’extraction de granulats en Manche et Mer du Nord,
-
l’évolution des sédiments et de la
faune benthique soumis au dépôt des eaux de surverse (recomm. CIEM n°7) ;
ce type de conséquence indirecte des extractions a été rarement étudié
alors que la connaissance des effets de la surverse est fondamentale dans le
contexte de fort hydrodynamisme, et donc de dispersion maximale, qui caractérise
la Manche orientale,
-
les modalités de recolonisation
benthique et de retour à un nouvel équilibre des sites commerciaux après
exploitation (recommandation CIEM n°12),
-
les étapes importantes du cycle
biologique des principales ressources halieutiques sur lesquelles les
extractions devront avoir un effet minimal (recommandation CIEM n°14) :
dans ce sens, la préservation des frayères, des nourriceries et des voies de
migration est considérée comme centrale.
Ces
travaux ont été prioritairement conçus autour du site de Dieppe pour des
raisons d’antériorité, de proximité et d’actualité. Ils seront ainsi menés
sur une côte à fort hydrodynamisme qui permettra d’extrapoler une part
importante des observations à d’autres sites pouvant se trouver plus au
large.
Résumé
du projet :
Ce programme d’études et de suivi expérimental des
ressources biologiques sur les sites d’exploitation de granulats marins au
large de Dieppe aura pour objectifs :
ü
La
mise au point d’une méthodologie de suivi d’un site d’extraction
existant, transférable à des exploitations à grande échelle (projet de
programme européen en Manche Orientale – INTERREG III ),
ü
L’
évaluation quantitative de l’impact direct des dragages sur les ressources
vivantes (benthiques et halieutiques) par comparaison avec un site de référence
non exploité,
ü
L’
évaluation spatiale de l’impact indirect de ces dragages (zone perturbée
par la surverse des éléments fins),
ü
L’
évaluation temporelle de cet impact par suivi du processus de restauration
(physique et biologique) des fonds,
ü
La
quantification de l’intensité de la perturbation et de sa durée sur
l’ensemble des peuplements benthiques et halieutiques.
Partenaires
principaux :
Adossement
à la recherche publique :
ü
Université
du Havre
UPRES EA
3222 Laboratoire Ecotoxicologie des Milieux Aquatiques (LEMA), F. LEBOULENGER,
Professeur,
ü
Université
de Rouen
UMR
CNRS 6143 Morphodynamique Continentale et Côtière (MC2), R. LAFITE, Maître
de Conférences,
ü
Université
de Caen
UMR CNRS
6554 GEOPHEN (Géographie Physique et Environnementale), S. COSTA, Maître de
Conférences,
ü
IFREMER :
-
Laboratoires Ressources Halieutiques de
Port en Bessin et Boulogne sur Mer : M. LEMOINE, Responsable du programme
« Impacts biologiques des extractions » et A. CARPENTIER,
chercheur,
-
Laboratoire de Géosciences Marines du
Centre de Brest : C. AUGRIS.
Professionnels
– Usagers de la mer :
ü
UNICEM
(Union Nationale des Industries de Carrières Et Matériaux de construction
– Section Normandie),
ü
GIE
Graves de Mer, Dieppe,
ü
GIE
Gris Nez, Fécamp,
ü
Comité
Régional des Pêches de Haute-Normandie.
Partenaires
techniques :
ü
Cellule
de Suivi du Littoral Haut-Normand (CSLHN), Le Havre,
ü
CCSSM
(Club de Vidéo Sous Marine), Dieppe,
ü
Lycées
technologiques de Dieppe : « Pablo NERUDA » et « Émulation
Dieppoise ».
MONTANT prévisionnel du projet :
assiette :
1 268 593 € ; moyens demandés :
867 405 € ;
autofinancement
IFREMER 401 188 €- 412 120 €
Durée du
projet : 5 ans Financement :
MR : 262 452 € ; ANRT : 44 000 € ; DRIRE : 91 000
€
Région
Haute-Normandie : 262 453 € ; Groupements d’industriels :
207 000 €
Contexte scientifique et/ou technologique et économique
En
France, la construction d’équipements collectifs, d’ouvrages d’art,
d’infrastructures routières, consomme en moyenne 350 millions de tonnes de
granulats provenant essentiellement de gisements terrestres.
La
politique de l’État, en ce qui concerne ces extractions, vise à réduire de
50% la quantité des matériaux d’origine alluvionnaire terrestre d’ici 5
ans, en y substituant des granulats extraits des fonds marins.
Les
paléovallées des baies de la Seine et de la Somme sont aujourd’hui des zones
d’extraction convoitées. S’y ajoutent les gisements du large (paléovallée
de la Tamise et du Rhin), sollicités par des exploitants français,
britanniques, belges et hollandais. Les besoins croissants en matériaux et
surtout la régulation de l’exploitation des ressources terrestres imposent
d’envisager, ou tout au moins d’anticiper, le développement
potentiel de l’activité en mer d’un facteur 10 à l’échéance de 10 ans.
A
ce jour, on ne dispose que de peu de données halieutiques spécifiques aux
conséquences des dragages en mer. Il est donc primordial d’acquérir
ce type d’information sur les quelques sites en activité afin d’estimer
l’impact potentiel de nouvelles concessions beaucoup plus importantes qui
entraîneraient inévitablement des perturbations au niveau du benthos et des
poissons qui s’en nourrissent.
Entre
les politiques de quotas de pêche, les rejets de dragages, les extractions et
diverses autres restrictions d’accès au milieu marin, les pêcheurs se
trouvent confrontés à des difficultés grandissantes d’exploitation qui
risquent d’entraîner des conflits potentiels d’usage. Le récent rapport de
M. DUPILET, Député, confirme d’ailleurs cette inquiétude croissante du
monde de la pêche vis-à-vis de ce cumul de difficultés.
Pour
sa part, E. MEVELEC, Administrateur du Quartier Maritime de Dieppe, s’est
exprimé lors d’une réunion de travail en décembre 2000 : « une
extraction est une occupation quasi-privative concurrente au niveau de la mer,
il paraît donc judicieux de mettre en œuvre des études associant les aspects
biologiques, économiques et sociaux permettant de minorer les risques d’ordre
public maritime. »
Si
l’on possède aujourd’hui quelques connaissances benthiques (données
biologiques et morphosédimentaires) sur l’impact à court terme des dragages,
celles-ci restent rares ou peu extrapolables entre sites, sur le plan de la
recolonisation d’anciennes souilles.
Sur
le plan halieutique, il faut souligner le caractère beaucoup plus mobile et
saisonnier des ressources qui a toujours rendu difficile leur évaluation par échantillonnage,
et ceci d’autant plus que l’échelle d’évaluation est réduite et
incompatible avec les très vastes aires de distribution potentielle des espèces.
Malgré
ces difficultés, les travaux envisagés doivent permettre d’acquérir, sur
des sites d’extraction, des données
sur :
-
la dimension
spatiale de l’impact (effet direct du dragage à l’intérieur du périmètre
autorisé et perturbation générée par le dépôt des sables de surverse à
l’extérieur de ce périmètre),
-
la dimension
temporelle du processus de restauration des fonds.
Les
sites d’exploitation situés au large de Dieppe (GIE Graves de Mer et Gris
Nez) permettent la mise en œuvre d’une telle recherche avec la présence :
-
de sites en
cours d’extraction,
-
d’un
ancien site exploité, au repos depuis 1995,
-
de stations
de référence situées hors d’influence des sites actifs et dont l’évolution
est suivie depuis de nombreuses années par Michel DESPREZ.
C’est,
de plus, une zone bien connue des pêcheurs côtiers dans la limite des 3/5
milles, facilement accessible en plongée et en pêche expérimentale.
Les
travaux s’appuieront sur les recommandations internationales du CIEM en ce qui
concerne les modalités d’échantillonnage, le choix et le suivi des paramètres
(cf : rapport n° 247 des recherches
collectives du CIEM sur l’effet de l’extraction de sédiments sur l’écosystème
marin, déc. 2001).
Ce
projet est complémentaire des études d’impact essentiellement orientées
vers le benthos commandées par la DRIRE de Haute-Normandie. Il sera aussi
innovant en abordant l’impact des extractions sous l’angle halieutique,
ainsi que par la mise en synergie de moyens universitaires, d’organismes de
recherche, d’industriels, d’acteurs de la filière pêche et
d’administrations. Des résultats convaincants s’avéreraient par ailleurs
très utiles au programme Interreg III évoqué supra
ainsi qu’aux futurs débats qui ne manqueront pas de s’engager prochainement
à d’autres échelles sur plusieurs vastes projets d’extraction en Manche -
Est.
Justification
générale
La proposition de programmes intégrés a été conçue
pour acquérir des connaissances nouvelles répondant prioritairement aux préoccupations
exprimées par les instances internationales que sont le Conseil International
pour l’Exploration de la Mer (CIEM), qui dispose d’un groupe de travail spécifique
aux extractions de granulats marins, et la Convention Oslo-Paris (OSPAR) ayant
pour objectif premier la préservation des écosystèmes marins vis-à-vis des
activités humaines. Ces programmes répondent aussi à diverses recommandations
du rapport du député M. DUPILET au Premier Ministre (avril 2001) sur
l’identification et le règlement des conflits d’usage de la mer (surtout en
zone dite côtière) entre pêcheurs et autres usagers.
Parmi tous les programmes envisageables en relation
avec ces recommandations, les sujets d’étude jugés prioritaires ont été
proposés pour mieux connaître :
-
la réactivité
des poissons pendant et après extraction (recommandation CIEM n°15),
-
le degré de
dépendance alimentaire des poissons vis-à-vis de la macrofaune benthique
potentiellement perturbée lors des extractions (recommandation CIEM n°15) ;
une seule étude de ce type a été menée à ce jour sur plusieurs sites
britanniques d’extraction de granulats en Manche et Mer du Nord,
-
l’évolution
des sédiments et de la faune benthique soumis au dépôt des eaux de surverse (recomm.
CIEM n°7) ; ce type de conséquence indirecte des extractions a été
rarement étudié alors que la connaissance des effets de la surverse est
fondamentale dans le contexte de fort hydrodynamisme, et donc de dispersion
maximale, qui caractérise la Manche orientale,
-
les modalités
de recolonisation benthique et de retour à un nouvel équilibre des sites
commerciaux après exploitation (recommandation CIEM n°12),
-
les étapes
importantes du cycle biologique des principales ressources halieutiques sur
lesquelles les extractions devront avoir un effet minimal (recommandation CIEM n°14) :
dans ce sens, la préservation des frayères, des nourriceries et des voies de
migration est considérée comme centrale.
Ces travaux ont été prioritairement conçus
autour du site de Dieppe pour des raisons d’antériorité, de proximité et
d’actualité. Ils seront ainsi menés sur une côte à fort hydrodynamisme qui
permettra d’extrapoler une part importante des observations à d’autres
sites pouvant se trouver plus au large.