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La Région Haute-Normandie, en partenariat avec Science Action Haute-Normandie, vous propose tout au long de l’année neuf rendez-vous (un jeudi soir par mois) dans l’hémicycle du Conseil régional : « Les Forums régionaux du savoir ».
Parrainés par Axel Khan « Les Forums régionaux du savoir » sont ouverts à tous les curieux qui s’intéressent à l’évolution de la recherche et à ses applications dans notre quotidien.
La programmation 2012 se veut large et variée (sciences humaines et sociales, physique, chimie, mathématiques, anthropologie, biologie…) et accessible à un large public.
Télécharger la plaquette de la programmation 2012 sur le site internet :
Découvrez le programme 2012 :
Le 23 février
« La terre est-elle trop peuplée ? »
Intervenant :
Hervé Le Bras, Directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS, Paris). Directeur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED, Paris) . Titulaire de la chaire "Territoires et Populations" au collège d'études mondiales (maison des sciences de l'homme). Chroniqueur au journal "La recherche" depuis 1995.
Neuf milliards d’habitants sur Terre en 2050 : comment les nourrir ? La surpopulation semble mener notre planète à la catastrophe. Est-ce si sûr ? En reprenant les projections de population faites dans le passé et en cherchant les raisons pour lesquelles elles se sont presque toutes trompées, Hervé Le Bras mettra en évidence l'influence des idéologies du moment et une myopie teintée de conservatisme qui privilégie presque toujours les tendances des vingt ou trente années précédant la projection tout en négligeant les changements les plus récents. La question des subsistances est-elle aussi un terrain de bataille idéologique. Les pays riches attribuant les causes de la misère et de la sous-alimentation à l'explosion démographique, les pays pauvres rejetant la faute sur le gaspillage et la surconsommation des riches. Pour sortir de ce face à face riches/pauvres, Hervé Le Bras montrera qu'il faut sortir du face à face population/subsistances et considérer la production de substances alimentaires comme un système complexe où nourriture animale, biocarburants, nourriture végétale et produits industriels se partagent les produits de l'agriculture dans des proportions qui obéissent aux rapports de force de la mondialisation.
Le 22 mars
« Le fonctionnement de la mémoire humaine »
Intervenant :
Francis Eustache, Directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études (EPHE) ; Directeur de l’Unité U1077 de l’Inserm à l’université de Caen.
Autour du livre récemment paru et cosigné avec Béatrice Desgranges « les chemins de la mémoire » (coédition Inserm Le pommier), la conférence sera consacrée au fonctionnement de la mémoire chez l’enfant et l’adulte jeune ainsi qu’à ses modifications au cours du vieillissement normal. La mémoire est une fonction cognitive complexe qui permet d’enregistrer les souvenirs d’événements vécus (mémoire épisodique), les connaissances sur le monde (mémoire sémantique), les savoir-faire (mémoire procédurale)… Les méthodes d’imagerie cérébrale nous renseignent sur les régions du cerveau impliquées dans ces différentes formes de mémoire et sur leur évolution en fonction de l’âge. Le déclin de la mémoire chez les sujets âgés est un phénomène de mieux en mieux compris. Les recherches actuelles insistent d’une part sur les capacités préservées et les facteurs qui favorisent le maintien de la mémoire, et d’autre part, sur les différences entre vieillissement normal et pathologique (maladie d’Alzheimer notamment).
Le 26 avril
« A quoi servent les collections de restes humains ? »
Intervenant :
Alain Froment, Docteur en médecine et en anthropologie, directeur de recherche à l’IRD, responsable des collections anthropologiques du Musée de l’Homme.
Pourquoi stocker des milliers de crânes dans les musées d’anthropologie ? L’affaire des têtes Maori a relancé le débat sur la légitimité des collections de restes humains, surtout lorsqu’ils sont d’origine lointaine ou coloniale. Compte tenu des revendications identitaires ou religieuses, l’exposé passera en revue les résultats scientifiques qu’il est possible d’obtenir, mais aussi les enjeux éthiques et politiques liés aux recherches anthropologiques.
Le 24 mai
« Décrire mathématiquement les gaz : le défi de Boltzmann »
Intervenant :
Laure Saint-Raymond, Professeure à l’université Pierre et Marie Curie (Paris VI) et directrice adjointe du département mathématique de l’Ecole Normale Supérieure de Paris. Prix Irène Joliot-Curie 2011.
Inspiré par les travaux de ses contemporains Clausius et Maxwell sur la thermodynamique, le physicien autrichien Ludwig Boltzmann (1844-1906) a proposé à la fin du XIXe siècle un modèle mathématique de l'évolution des gaz à partir du mouvement des atomes en s'appuyant sur des considérations probabilistes. A l’époque, sa théorie fut très controversée car elle semblait mener à des paradoxes. Ce n’est qu’après sa mort que son point de vue fut remis à l’honneur grâce aux travaux de Planck et Einstein en électro-magnétisme.
L'équation de Boltzmann est aujourd'hui, un champ de recherches très actives. C'est un outil fondamental pour l'étude et la simulation des atmosphères raréfiées (par exemple pour la rentrée des véhicules spatiaux dans l'atmosphère).
Le 28 juin
« Chimie douce et matériaux bio-inspirés : de l’art du feu à la chimie douce »
Intervenant :
Jacques Livage, Professeur honoraire au Collège de France.
Les nanomatériaux envahissent notre vie quotidienne et des techniques de plus en plus sophistiquées sont développées afin d’en maitriser l’élaboration. Pourtant, l'observation de la nature nous montre que, depuis plusieurs centaines de millions d'années, le vivant a appris à élaborer des matériaux nanostructurés dont les performances dépassent souvent celles de nos matériaux les plus modernes. De simples micro-algues, comme les diatomées élaborent des coques de silice dont la beauté avait séduit Darwin et qui s’avèrent aujourd’hui être de véritables cristaux photoniques vivants ! Comment s'inspirer de l’exemple de la nature pour inventer de nouveaux matériaux bio-inspirés ?
Suivant l'exemple des diatomées nous avons développé une chimie "douce" qui permet de construire un réseau solide à partir de précurseurs moléculaires en solution. Compatible avec le vivant, la chimie douce offre de nouvelles perspectives dans le domaine des biotechnologies.
Le 06 septembre
« Le médicament en 2012 à la recherche d'une nouvelle identité »
Intervenant :
François Chast, Chef du service de Pharmacie Clinique, Pharmacologie, Toxicologie des Hôpitaux Universitaires Paris Centre , Professeur Associé à l’Université Paris Descartes
Président Honoraire de l’Académie nationale de Pharmacie.
Le médicament est d’abord un objet scientifique, au carrefour de la chimie et de la biologie et son objet, la restauration de la santé, en fait le compagnon d’une part croissante de la population mondiale. Il a ainsi un statut industriel et économique, produit singulier d’entreprises de santé qui se sont d’abord diversifiées puis, ces dernières décennies, fortement concentrées. Sa nature spécifique lui a conféré un statut commercial très protégé puisqu’il est largement pris en charge par des systèmes de protection, publics ou privés.
Le médicament est également devenu un objet social. Permettant l’accès à la médecine préventive grâce à la vaccination, libérateur de la condition féminine grâce à la contraception, modifiant le rapport de la Société avec la maladie quand celle-ci est « folie », « obésité », baisse des « performances », le médicament ne cesse d’accompagner les mutations humaines. Enfin, le médicament, devenu un objet familier aux confins de la recherche du confort, du bien être ou de l’amélioration de l’image de soi, est aussi au cœur d’enjeux nationaux quand la sécurité de son emploi est contestée : qu’il s’agisse de débats scientifiques, sanitaires, économiques ou éthiques.
Le 27 septembre
« Écritures et mémoires de l'esclavage dans l'espace colonial français »
Intervenant :
Françoise Vergès, Professeur invité au Goldsmiths College, Présidente du Comité pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage.
Françoise Vergès reviendra sur l’histoire sociale et culturelle des mémoires de l’esclavage qui ont conduit à l’adoption de la loi du 21 mai 2011 reconnaissant la traite négrière et l'esclavage "crime contre l'humanité". Elle reviendra sur la controverse qui a eu lieu autour des lois dites “mémorielles” et sur ses acteurs et tentera de faire un premier bilan du mouvement pour la reconnaissance d’une histoire. Pour cela, elle analysera la place des “outre-mers” dans la société française. En conclusion, Françoise Vergès évoquera les formes contemporaines d’esclavage.
Le 25 octobre
« Les formidables défis du changement climatique »
Intervenant :
Valérie Masson-Delmotte, Directrice de recherches CEA, Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement (CEA,CNRS,UVSQ,IPSL), Gif sur Yvette, France.
La machine climatique de notre planète est extraordinairement complexe, faisant intervenir un ensemble de processus de différentes échelles d'espace et de temps. Au cours des dernières décennies, de grands progrès ont été accomplis pour mieux connaître, comprendre et modéliser le climat de notre planète. La connaissance précise des variations passées du climat permet de déterminer les mécanismes de rétroaction qui façonnent la réponse du système climatique à différentes perturbations naturelles. Elle est également essentielle pour évaluer le réalisme des modèles numériques de climat pour des climats très différents de la période actuelle. Enfin, cette connaissance des variations climatiques passées fournit des repères en permettant de confronter les scénarios d'évolution de rejets de gaz à effet de serre et d'évolution future du climat, aux amplitudes et vitesses des changements passés. Au-delà des défis scientifiques de mieux comprendre et prévoir les risques futurs, l'expérience involontaire que nous conduisons sur le climat de notre planète par le rejet massif de gaz à effet de serre pose évidemment des défis politiques majeurs.
Le 15 novembre
« Peut-on lire l'avenir des astres dans les lignes de la mathématique ? »
Intervenant :
Cédric Villani, Professeur à l’université de Lyon, directeur de l’Institut Henri Poincaré.
Médaille Fields 2010.
Le système solaire est-il stable ? Mars, Vénus, Jupiter et les autres planètes que nous connaissons bien resteront-elles "toujours" sur leur orbite, ou bien un événement terrible -- collision, expulsion -- se produira-t-il dans le prochain milliard d'années ? Cette question, l'un des plus anciens problèmes ouverts de la physique théorique, a tourmenté nombre d'astronomes, physiciens et mathématiciens au cours des siècles. A travers les réponses variées que divers scientifiques de génie ont proposées, on peut suivre l'apparition de théories entières et des changements radicaux dans la perception du monde. Après avoir évoqué ces questions, nous serons mûrs pour parler de la stabilité d'une galaxie...
